Qu’est-ce que l’Epigénétique ?

Quel lien entre Epigénétique et surpoids ? Pour bien comprendre de quoi il s’agit, posons tout d’abord les bases de la génétique.

Comme vous le savez, la génétique est la science qui étudie l’ADN. Cet ADN est le programme cellulaire permettant la vie. Il met des milliers d’années à évoluer, à s’adapter à son environnement. Selon les généticiens, seulement 15% de cet ADN sert à faire fonctionner nos cellules. Les 85% restants ont longtemps été considérés comme de l’ADN « poubelle ». Mais aujourd’hui, on sait qu’ils servent à permettre la fabrication de petites molécules d’ARN. Ces dernières circulent en permanence dans le corps et régulent le fonctionnement des gènes.

C’est là qu’intervient l’épigénétique ! L’épigénétique est la science qui étudie l’expression des gènes en fonction de l’environnement dans lequel ils baignent (conditions de vie, comportements, pensées). Cet environnement va agir sur les molécules d’ARN. Lesquelles permettent, à leur tour, à certains gènes d’ADN de s’exprimer, de rester silencieux ou même d’être inhibés.

Grâce aux épi-généticiens, nous savons aujourd’hui que les stress importants inscrivent leur marque directement sur nos gènes. Ces gènes sont transmis ensuite de génération en génération. Ce procédé a pour but d’éviter que ces évènements traumatiques ne se reproduisent. Ainsi, nous évoluons dans un environnement plus ou moins anxiogène. La perception que nous avons de ce vécu va induire un comportement réactif de besoin de se sentir protégé.

Epigénétique et surpoids : Le rôle de la nourriture

Nourriture

Dans le contexte de la transmission épigénétique, la nourriture joue plusieurs rôles :

  • Tout d’abord, du fait des famines, la peur de manquer a été transmise de manière épigénétique. Certaines personnes développent un comportement anxiogène face à la nourriture. Obsessions, stockage de nourriture, obligation de manger, manger par anticipation, etc…. Tout se passe comme si la personne vivait encore à l’époque où la nourriture était une denrée rare.

Elle est tout à fait consciente de ses comportements excessifs face à la nourriture mais dans les faits, elle ne peut agir dessus. C’est comme une sorte de conditionnement. C’est-à-dire que les mémoires de famines viennent perturber le déroulement normal et inné de la fonction de la nutrition. Ceci afin que jamais la nourriture ne manque.

  • D’autre part, la fonction première de la nourriture est d’apporter de l’énergie, du plaisir et de l’apaisement. Lorsque la vie est difficile, qu’elle est vécue comme un combat de façon consciente ou pas, le cerveau, par souci de protection, peut décider de détourner la fonction de la nutrition. Ceci afin d’exercer ses vertus calmantes et réconfortantes. La nourriture est alors utilisée comme palliatif pour tout : fatigue, ennui, énervement, jugement sur soi, etc… Elle sert d’antidépresseur et d’antidouleur. Elle va dans ce cas agir sur les mêmes circuits neuronaux que la drogue, l’alcool ou la cigarette. Elle isole la personne de ses ressentis de souffrance. Ce sont des comportements réactifs, impulsifs, qui n’ont rien à voir avec le manque de volonté !

Epigénétique et surpoids : Sortir de la problématique

Pour sortir de la problématique du surpoids, il est indispensable d’agir sur les stress internes liés à un vécu anxiogène conscient ou inconscient. Ces stress peuvent avoir diverses origines. Il faudra donc y apporter des réponses adéquates :

Epigénétique et surpoids
  • En apportant à nos cellules tous les nutriments nécessaires à leur bon fonctionnement
  • En apprenant à manger selon ses instincts. C’est-à-dire en laissant notre corps piloter et en respectant ses messages de faim et de satiété
  • En pratiquant une activité physique ressourçante pour oxygéner le cerveau et permettre une meilleure élimination
  • En se familiarisant avec des techniques de relaxation et de détente

Enfin, il suffit parfois d’un fait insignifiant pour faire ressurgir en nous une mémoire cellulaire et induire des réponses inappropriées pour notre équilibre de vie. Il faudra travailler sur ces héritages qui ne nous appartiennent pas et qui prennent parfois beaucoup de place dans notre vie et dans notre corps.

Vous l’aurez compris, le rôle de l’épigénétique dans la problématique de surpoids est prépondérant. Fort heureusement, ces comportements automatiques d’anticipation des souffrances sont réversibles. Les transmissions épigénétiques peuvent être modifiées et changées, notamment grâce aux dernières découvertes en matière de neurosciences.